Lettres juridiques : les éditos

Publié le 08/09/2016 à 17H11
Tous les trimestres, Thierry Tisserand, Secrétaire national de la CFDT Banques et Assurances, en collaboration avec le cabinet d'avocats Lepany, édite une lettre destinée aux militants CFDT du secteur pour les informer de l'actualité juridique. Les différents sujets traités sont mis en perspective dans les éditos, à lire sur cette page.

Lettre juridique (Février 2017)

TT recadrePour la CFDT, ce début d’année a été endeuillé par la disparition prématurée de François Chérèque. Il était à l’image de notre organisation. Il en a été le Secrétaire général pendant 10 ans, il l’a façonnée. Il était courageux, combatif et tenace. Il a travaillé sans relâche pour l’intérêt commun. Cet homme-là avait des convictions et se battait pour les droits des salariés, pour le droit des gens comme le disaient les anciens. Il était à n’en pas douter un bâtisseur. Il nous revient de continuer à marcher dans ses pas, de prolonger son engagement.
Car le débat politique va se poursuivre sans relâche jusqu’à son terme : les élections présidentielles et législatives. Réduit au buzz, à la surenchère ou aux solutions les pires, sur fond de « trumpisme » naissant, de Brexit dur et inaccompli, de fin de règne, ce débat fait fi du social, des droits des salariés, de la vraie vie en entreprise. Il se résume à vouloir « casser la baraque » pour promettre « du sang et des larmes ». Tout ce qui a été accompli depuis des décennies et surtout lors de ce dernier quinquennat doit être jeté aux orties, il n’y a pas d’espoir, aucune autre alternative...
Qui sont les anciens et qui sont les modernes ? Les progressistes, les réactionnaires ? Les lignes se délitent dans un mouvement qui risque de ne répondre à aucune de nos attentes en matière de justice sociale.
L’avenir de notre modèle social nous appartient pourtant. Syndicalistes et citoyens, il est de notre devoir de veiller à ce que la démocratie continue de fonctionner, protège les plus démunis, génère des droits pour tous, garantisse travail, sécurité et bien-être à nos concitoyens.
C’est en ce sens que la CFDT s’est toujours investie et engagée, quels que soient ses interlocuteurs du moment et parfois contre
l’avis de beaucoup. Ses positions, souvent combattues, sont pourtant apparues comme les plus justes et ont été défendues, comme des avancées sociales... par ceux-là mêmes qui les critiquaient.
Le progrès social mérite mieux que des postures. Il nécessite une vision sur le long terme et mérite un investissement sans faille. Dans un monde du travail en perpétuelle évolution, il ne saurait être question de camper sur les corporatismes pour que rien ne change. Il faut parler vrai, mais défendre, plus que jamais peser, bâtir, en un mot, avancer.
L’année qui s’annonce sera l’occasion pour la CFDT de déployer encore davantage son action en faveur des salariés et de la rendre visible. Il faudra se battre pour que le droit du travail ne soit pas détricoté et sacrifié au nom des seules logiques économiques et d’un libéralisme aussi échevelé que destructeur. Pour que la démagogie qui masque en réalité les pires conservatismes ne triomphe pas. Pour faire admettre que décidément non, les populismes ne peuvent être légitimes à défendre l’intérêt général et à porter le progrès social.
Le courage et la ténacité payent toujours. François Chérèque l’avait bien compris, il a montré la voie. Même si des temps difficiles s’annoncent, ne désarmons jamais... souvenons-nous de lui…