Lettre juridique juin 2017

Publié le 06/07/2017 à 15H00
Tous les trimestres, Thierry Tisserand, Secrétaire national de la CFDT Banques et Assurances, en collaboration avec le cabinet d'avocats Lepany, édite une lettre destinée aux militants CFDT du secteur pour les informer de l'actualité juridique. Les différents sujets traités sont mis en perspective dans les éditos, à lire sur cette page.

Lettre juridique (juin 2017)

TT recadreLa poudre de perlimpinpin, en effet, ça ne marchera pas !
Ça masque tout ce qui ne va pas comme par miracle, mais sans jamais résoudre les vraies difficultés. Poudre magique, enrobeuse, enjôleuse et trompeuse répandue par le marchand de rêves pour faire croire que tout va bien, facilement, rapidement. C’est comme dans les contes sauf que... ce n’est pas comme ça dans la vie des vrais gens, comme dirait l’un tandis que dans les campagnes, dans les villes, les envahisseurs entament leur inquiétant ballet, comme dirait l’autre…
Le chômage de masse est toujours là, l’insécurité, la misère sociale nourrissent tous les discours extrêmes. Si l’élection d’Emmanuel Macron constitue bien un sursaut salutaire de la démocratie, citoyens et salariés attendent autre chose qu’une bonne mine, des discours policés, des photos sur papier glacé. Les 5 ans qui viennent doivent être utiles pour redynamiser l’activité économique, sécuriser l’emploi et les parcours des salariés, bref : pour permettre à chacun de travailler dans de bonnes conditions. C’est un peu le nirvana auquel on aspire ! C’est pourtant depuis longtemps l’ambition de la CFDT.
La recomposition du paysage politique voulue par le nouveau pouvoir n’est pas une nouveauté pour notre organisation : nous avons depuis longtemps découvert comment réunir toutes les bonnes volontés pour les faire travailler pour le bien-être commun, celui des salariés et des citoyens. Ça ne peut plus être qu’un vœu pieux. Chaque jour qui passe nous apporte son lot de licenciements injustifiés, de plans sociaux, on sent un certain raidissement du patronat, comme s’il était en embuscade... Les salariés ont besoin de sécurité, les entreprises de liberté, c’est une équation qu’il faudra résoudre sans réduire à néant ce que l’action syndicale a produit pour les salariés depuis des décennies pour enrichir leurs droits dans l’entreprise ou dans les branches professionnelles. La CFDT a beaucoup contribué à faire évoluer le droit du travail. C’est dire qu’une énième réforme du Code du travail ne lui fait pas peur. Elle veillera à ce qui a été construit soit encore amélioré, elle a comme d’habitude, des exigences et des propositions. Le Code du travail ne peut être ni un repoussoir ni un totem. Il est de notre responsabilité d’en faire un référentiel ouvrant le jeu d’un dialogue social loyal et de qualité profitant à toute la collectivité des salariés, qu’ils travaillent dans des grands groupes ou dans des TPE/PME.
La CFDT doit peser pour que les quelque 50 réunions de concertation prévues avec la ministre du Travail soient utiles pour les salariés... En effet, une confortable majorité à l’Assemblée nationale, dont les populistes feront leur tribune, n’y suffira pas... Car n’est pas Merlin l’enchanteur qui veut... C’est la concertation, la confrontation et l’échange avec les corps intermédiaires qui doivent aussi susciter l’adhésion. Passer outre le dialogue social ou simplement le négliger et il deviendra difficile de s’inscrire dans un projet de société, respectueux du fait syndical comme acteur de la démocratie, et capable de dépasser les corporatismes de tous poils qui ne manqueront pas de s’exprimer et de prendre leurs habituelles postures...
Décidément oui, le temps de la poudre aux yeux, c’est bien fini car Jupiter, finalement, ne reste qu'un mythe...