Formation professionnelle : les enjeux d’une réforme complexe

Publié le 02/01/2018

Dans ce numéro du magazine CFDT Banques et Assurances, nous analysons les raisons pour lesquelles la réforme de la formation professionnelle passe à côté de ses objectifs. Nous revenons également sur le travail de fond mené par la CFDT à la Macif, en pleine construction d'un nouveau modèle social.

Édito : choisir la voie du pragmatisme !

Chantal MarchandAprès un an de présidence d’Emmanuel Macron et au lendemain du Congrès confédéral CFDT de Rennes, tout le monde constate que le mode de fonctionnement du pouvoir en France est en train de changer en profondeur.
La démocratie sociale, pendant de la démocratie politique, a reçu de sérieux coups de boutoir avec les Ordonnances travail qui réduisent le nombre d’élus représentants du personnel dans les entreprises, mais aussi avec le peu de cas qui a été fait de l’Accord national interprofessionnel sur la formation professionnelle, signé unanimement le 22 février 2018. La CFDT, forte de sa culture et de sa première place dans le privé, est l’organisation syndicale la mieux placée pour s’adapter à ce nouveau mode de fonctionnement. On a pu le voir, il est inutile de s’arc-bouter sur des fonctionnements anciens, de geindre que le pouvoir n’écoute pas, d’appeler à la « convergence des luttes ». Mieux vaut prendre une voie plus pragmatique et constructive même si elle manque certainement de panache et du romantisme échevelé dont se nourrissent certaines organisations syndicales. Demain, la condition pour exister et faire entendre sa voix sera d’être réellement indépendant politiquement et financièrement avec des adhérents plus nombreux. Pour convaincre d’adhérer, il convient de pratiquer un syndicalisme utile pour les salariés comme l’ont fait les représentants CFDT de la Macif qui ont négocié et signé un ensemble d’accords sur un nouveau modèle social dans leur entreprise. Vous retrouverez un article sur le sujet dans les pages de ce magazine.
Le 27 avril, Muriel Pénicaud a présenté le projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » en Conseil des ministres avant qu’il soit transmis aux Assemblées. Le texte ne peut désormais évoluer que sous l’effet des travaux de l’Assemblée Nationale et du Sénat. Avant le Conseil des ministres, la CFDT a agi sur l’avant-projet de loi en intervenant auprès du Conseil d’État, du cabinet du ministère du Travail... Depuis, c’est une action de lobbying auprès des parlementaires qui est conduite pour peser sur le projet de loi et sur le débat des députés et sénateurs. L’essentiel est de poursuivre sans cesse le travail, chercher les failles, trouver le juste milieu entre la dévotion béate et le dénigrement systématique. Les organisations syndicales doivent se bouger pour construire des projets, faire émerger des valeurs
en phase avec les attentes des travailleurs et demandeurs d’emploi de 2018. La CFDT est toujours résolument combative.
Et parce que le prochain « chamboule-tout » promis par le gouvernement concerne la réforme des retraites, n’oubliez pas de répondre à la grande enquête nationale sur les retraites organisée par la CFDT sur parlonsretraites.fr.
Donnez votre avis, faites entendre votre voix !

Chantal Marchand, Secrétaire nationale

couv mag 445Sommaire

Analyse
Formation professionnelle
Une réforme qui passe à côté de ses objectifs

Comprendre
Négociations pour les cadres : les propositions de la CFDT

Focus
Résultats NAO 2018 : banques et assurances

Rencontre
Macif : un groupe en pleine mutation