Rentrée difficile pour la finance européenne

Publié le 29/03/2018 (mis à jour le 09/10/2019)

Dans ce numéro du magazine CFDT Banques et Assurances, nous vous proposons notamment une analyse des difficultés rencontrées par la finance européenne sur fond de taux bas, numérisation, contraintes règlementaires... et revenons sur le bilan du Pacte de responsabilité qui a permis aux banques et assurances d'économiser plusieurs milliards alors qu'elles n'ont que très peu respecté leurs engagements.

Édito : pacte de responsabilité, le compte n’y est pas pour les salariés !

 

LMLa rentrée est difficile. Alors que les modèles économiques de la banque et de l’assurance sont interrogés par de multiples enjeux, que l’emploi dans les banques continue de s’éroder (il reste stable dans les assurances), que des menaces apparaissent dans certains établissements (pour tous ces aspects, lire l’article p4 intitulé « Rentrée difficile pour la finance européenne »), la CFDT Banques et Assurances a voulu faire le bilan des mesures d’allègement de charges et d’impôt consenties par l’État dans le Pacte de Responsabilité.
C’était fin 2013 et le Président Hollande, dans ses vœux aux français, proposait un pacte aux entreprises : rétablir leurs marges en réduisant certaines charges sociales, en supprimant certains impôts, de manière à ce qu’elles puissent davantage s’engager en termes d’emplois, qualitativement et quantitativement.
Ce Pacte unilatéral, qui a marqué ce qu’on a appelé le virage de la politique de l’offre, a rapporté beaucoup d’argent aux banques et aux assurances (vraiment... beaucoup) et va continuer de leur en faire économiser beaucoup (vraiment... beaucoup).
Pour la CFDT Banques et Assurances, ces sommes considérables (vraiment... considérables) posent à nouveau la question des contreparties acceptées par les deux secteurs en 2014 dans des accords ou des relevés de conclusion.
Elles interrogent également la question plus globale de la conditionnalité des aides publiques, c’est-à-dire le fait que les entreprises doivent réellement s’engager (et respecter leurs engagements), si elles veulent bénéficier des aides publiques.
Un sujet récurrent et sans doute aussi ancien que les aides publiques elles-mêmes.
Au moment où l’État gratte dans ses fonds de tiroirs, impose l’austérité dans la dépense publique, rencontre des difficlutés pour boucler son budget, la question n’est pas anodine.
Dans tous les cas, dans la banque comme dans l’assurance, le compte n’y est pas. Les militants de nos deux secteurs ne manqueront pas de le rappeler aux employeurs en exigeant d’eux non seulement qu’ils respectent leurs engagements (c’est bien le moins qu’ils puissent faire !) mais aussi qu’ils s’engagent sur de nouveaux objectifs au moment où les salariés sont confrontés à une évolution profonde de leurs métiers et de leurs compétences.

Yolande Solé, Secrétaire nationale

couv Mag 456 sept-oct 2019Sommaire

Comprendre
Taux bas, numérisation, contraintes règlementaires...
Rentrée difficile pour la finance européenne

Focus
Égalité femmes / hommes
Les écarts de salaire soumis à « l’index »

Analyse
Bilan du Pacte de responsabilité
Où sont passés les 14 milliards ?

Rencontre
Milleis Banque : 73 % des voix pour la CFDT !
Ugips : 78 % des voix pour la CFDT !