Télétravail, rupture conventionnelle collective, CDI de chantier : ordonnances Macron, ce qu'elles changent !

Publié le 02/01/2018

Dans ce numéro du magazine CFDT Banques et Assurances, nous revenons sur les ordonnances Macron et sur ce qu'elles changent concrètement (mise en place d’une instance unique : le CSE, la rupture conventionnelle collective, le télétravail, le CDI de chantier...). Vous trouverez également dans nos pages un article sur la situation aussi complexe qu'inextricable dans laquelle se trouve le Crédit Mutuel.

Édito : non à la politique de l'autruche !

Thierry TisserandA l'échéance du 31 décembre 2019, toutes les entreprises devront être dotées des instances mises en œuvre par les ordonnances du 22 septembre 2017. Le CSE est né et il appartiendra aux partenaires sociaux, par voie d’accord collectif, de négocier les moyens et les modalités de fonctionnement de la nouvelle représentation des salariés.
Et pour bon nombre d’entreprises qui doivent tenir leurs élections cette année, les négociations ont déjà commencé entre protocoles préélectoraux, accords de méthode et de dialogue social : ce n’est pas moins d’une dizaine d’entreprises et de grands groupes qui s’y sont engagés, accompagnés par la Fédération CFDT Banques et Assurances et ses syndicats.
C’est une véritable gageure pour la cfdt : il faut négocier des moyens : nombre de représentants, rôle des suppléants, heures de délégation, représentants de proximité..., que ce soit dans le protocole préélectoral ou dans un accord de dialogue social dédié. L’ensemble de la cfdt est tendu vers cet objectif en n’étant pas dupe : la loyauté ne sera peut-être pas au rendez-vous, qu’il s’agisse des patrons ou de nos « partenaires syndicaux », lesquels préfèrent souvent pratiquer la politique de l’autruche.
Ce n’est pas notre genre ! Nous devons continuer à faire vivre notre syndicalisme tout entier dédié à la défense des salariés. Peser dans les entreprises, dans les groupes, dans les branches, au niveau national et européen, saisir tous les leviers pour faire entendre leur voix. Car les ordonnances, ce sont aussi les accords de compétitivité, les plans de départ volontaires collectifs... Bref autant de dispositifs qui donnent de la souplesse aux entreprises, mais peuvent produire de l’insécurité pour les salariés.
Pratiquer la politique de l’autruche nous amènerait à nier les valeurs de solidarité et de démocratie qui sont les nôtres. Même si nous n’avons pas toujours été écoutés lors des concertations menées tant sur les ordonnances que sur la formation professionnelle, nous nous sommes fait entendre. Nous n’avons pas l’habitude de nous taire et nous savons travailler, quels que soient nos interlocuteurs du moment. Nous devons continuer et fourbir nos armes.
Personne ne le fera à notre place !

Thierry Tisserand, Secrétaire national

Pages de Mag 443 mai 2018 interSommaire

Focus
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